11.10.2008
Krach boursier ou crise de foi ?
La crise est donc partie du pays du dollar. Crise financière énorme, plus grave que celle de 1987, plus grave que celle de la "bulle Internet" en 2000. Aussi grave qu'en 1929 ? On nous le dit, tout en nous assurant que les conséquences n'en seront pas si graves, à cause et d'un contexte différent, et de réactions différentes des Etats. Espérons-le.
Cette crise est-elle seulement boursière ? financière ? Pas seulement, disent beaucoup, elle reflèterait peut être bien une crise de l'économie réelle. Elle révèle en tout cas, un des défauts de la cuirasse de notre monde globalisé. Je ne suis ni économiste, ni financier, et comme beaucoup sans doute j'ai du mal à saisir tous les mécanismes de cette crise. Trois choses sont de plus en plus claires pourtant :
- Cette dégringolade boursière qui ne s'arrête pas va avoir des conséquences lourdes sur l'économie réelle et pour plusieurs années, l'intervention nécessaire des états coutera de l'argent aux contribuables et citoyens que nous sommes, quand bien même nous risquerions peu de choses comme épargnants.
22:43 Publié dans Europe, Histoire, Politique, Religion, USA | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, crise financière, dollar, krach, bourse, économie, politique
22.08.2008
Caucase après Balkans : fractionnements nationalistes ?
Le Caucase, les Balkans : deux régions montagneuses qui n'ont pas fini de faire parler d'elles. Deux régions de montagne situées entre le 40° et le 45° parallèle (en gros) qui furent des terres d'invasions, de passage de troupes conquérantes, des terres balayées par les vagues d'occupations impériales depuis des siècles. Des marches de l'Europe ou des contrées de l'Europe ?
Aujourd'hui, c'est la Géorgie qui se rappelle à nous. La guerre en Tchétchénie, située dans le même Caucase n'en est pas terminée pour autant. Mais nous voilà à refeuilleter nos atlas et consulter nos encyclopédies pour trouver quelques repères nous permettant de comprendre ce qui se passe et se joue dans ces contrées lointaines qui n'étaient qu'un nom souvenir de nos années d'école, et à propos desquelles nous avons dû depuis la chute du bloc soviétique, de l'URSS (1991), du mur de Berlin (1989) et du pacte de Varsovie, apprendre une kyrielle de noms exotiques encore à nos oreilles: Azerbaidjan, Géorgie, Ossétie, Arménie, Abkhazie, Tchétchénie, Tbilissi, Grozny, Bakou, Erevan ... Mon grand-père maternel (qui "fit" les deux guerres mondiales du XX° siècle) connaissait mieux que moi ces noms, et savait quels bouillonnements recélaient ces contrées qui, dans les années 1960 encore étaient fermement tenues cloisonnées dans la cocotte-minute stalinienne. Ma génération avait oublié ce savoir-là....
10:36 Publié dans Europe, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, politique, caucase, balkans, géorgie
18.07.2008
Sarkosy Diva ?
«Sarko
zy darf sich nicht als Diva aufführen»
"Sarkosy ne doit pas se comporter comme une Diva"
On sait que notre omniprésident énerve prodigieusement les autres pays. ou plutôt, on le sait pas assez, parce que même si des journaux, des revues s'en sont fait l'écho (Courrier International, par exemple, avait fait un très bon numéro sur le sujet), les français dans leur majorité sont très nombrilistes et trop peu curieux d'aller voir ailleurs ce qui se passe. (Pas tous, Dieu merci)
Ainsi cet extrait s'est du journal allemand en ligne (web journal) : netzeitung.de : texte original et traduction rapide :
Schon mehrfach sorgte der französische Staatschef durch Alleingänge für Diskussionen. Die Netzeitung sprach mit dem EU-Außenpolitiker Klaus Hänsch über Sarkozys Temperament, dessen Ziele und den Fall Irland.
Déjà, à plusieurs reprises, le chef de l'Etat français s'est démené pour certains débats au moyen de démarches solitaires. Le "NetZeitung" (Journal du Net) s'est entretenu avec Klaus Hänsch, parlementaire chargé d'affaires étrangères au sein de l'Union Européenne, (ancien président du parlement Européen 1994 à 1997, NdT), au sujet du tempérament de Sarkozy, de ses objectifs et du cas de l'Irlande.
Netzeitung: Herr Hänsch, Frankreich hat schon durch einige Alleingänge für Unruhe in der Europäischen Union gesorgt, etwa durch die Pläne für eine Mittelmeerunion oder in der Frage der Mehrwertsteuer auf Ölprodukte. Dürfen wir noch mehr davon erwarten?
NetZeitung : Monsieur Hänsch, La France s'est déjà a déjà choisi la voie de démarches solitaires au sein de l'Union Européenne, au prix d'un certain trouble, par exemple en ce qui concerne le projet d'une Union méditerranéenne ou la question de la TVA sur les produits pétroliers. Devons-nous nous attendre à d'autres affaires du même type ?
Klaus Hänsch: Frankreichs Staatspräsident Sarkozy verfügt ja über ein größeres Temperament. Insofern wird uns der eine oder andere Vorschlag des Landes noch beschäftigen. Klar ist aber auch: Sarkozy muss die französische Ratspräsidentschaft in den Dienst der Europäischen Union stellen und sich nicht als Diva aufführen.
Klaus Hänsch: Le Président de la République Française, Monsieur Sarkosy bénéficie effectivement d'un fort tempérament. Pour autant, nous devons encore examiner l'une ou l'autre des propositions de ce pays. Une chose est par contre claire: Sarkosy doit assumer la présidence française du Conseil (européen) au service de l'Union Européenne, et ne doit pas se comporter comme une Diva.
No comment more !
Vincent Cabanel
Source : http://www.netzeitung.de/politik/ausland/1072757.html (1er juillet)
09:17 Publié dans Europe, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, europe, sarkosy, allemagne, union européenne
17.07.2008
Un veritable homme politique !
Je viens de mettre en ligne dans ma liste "Lectures" un bref opuscule donnant en bilingue l'intégrale du discours prononcé par Barck Obama à Philadelphie, le 18 mars 2008. Ce discours a été un des plus importants de la campagne des primaires pour la présidentielle US du 4 novembre prochain.
Ce texte est un véritable texte politique, au sens noble du terme. Qu'il nous change des tristes et dramatiques années de G.W.Bush !! Qu'il nous change du grouillement médiatique autour du cigare de Bill Clinton et de la robe de Monica. Qu'il nous change des sottes imprécations anti soixante huitardes de l'agité de l'Elysée. Qu'il nous change des remugles vichystes qui ont entouré en France la création du "ministère de l'identité nationale" (véritable scandale, soit-dit en passant - je rappelle que pour notre honneur à tous Simone Veil a protesté avec énergie contre cette honte)
Beaucoup de français ont "cru" dans les paroles du candidat Sarkosy, de janvier à mai 2007, parce qu'il semblait affirmer un retour de la volonté politique contre un défaitisme lâche devant un pseudo-déterminisme économique. Beaucoup de ces électeurs sont devenus des déçus du sarkozysme. Mais aucun des effets de manche du candidat Nicolas Sarkosy n'a eu la profondeur du discours du 18 mars de Barack Obama.
Peut être, oui, peut être qu'avec Obama, la politique, la vraie, celle qui parle aux peuples des horizons vers lesquels nous pouvons marcher, est enfin de retour. Obama sera-t'il élu ? Obama élu saura t'il rester à la hauteur à laquelle il s'est situé ce jour là à Philadelphie, dans la ville des pères fondateurs de la démocratie américaine ? Nous n'en savons rien encore. Mais il serait dommage que les français, fans d'Obama, nourrissent leur enthousiasme avec des raisons et pas seulement avec des sentiments. Lisez ce livre, offrez-le !
Vncent Cabanel
10:00 Publié dans Livre, Politique, USA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : obama, usa, politique, race, esclavage
09.07.2008
La mouche du coche
Lors de l'élection présidentielle de 2007, certains français ont voté pour Nicolas Sarkozy en pensant qu'il avait la stature et les compétences d'un président de la République, ce dont ils ne créditaient pas les autres candidats : en quelque sorte ils ont fait un choix de "DRH" (Directeur des Ressources Humaines") en choisissant moins le programme du candidat que sa personne, supposée être la mieux à même d'assumer le fonction et les missions en question.
Un an après, que reste t'il de ce choix d'embauche ?
13:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkosy, politique
22.06.2008
Nicolas, le petit plombier ...
La présidence française de l’Union européenne va débuter le 1er juillet 2008, dans une dizaine de jours.
Nicolas Sarkozy espérait pouvoir surfer sur la vaguelette triomphale (on a les triomphes qu’on peut) de la ratification du traité de Lisbonne, et capitaliser à son actif la résolution de l’impasse institutionnelle dans laquelle se trouve l’Union depuis 2005. C’était, croyait-il, un chantier de résolu, un dossier classé espérait-il. Ne l’avait-il pas annoncé lors du premier sommet européen qui suivit son élection et au cours duquel allemands et français avaient arraché le « mini-traité simplifié », notamment aux intraitables jumeaux polonais ? « Nous avons fait le travail. » s’était-il exclamé, par une expression très « américanisante » d’ailleurs ; « We did the job ! » Et bien non ! La peau de l’ours avait été vendue trop tôt, et on s’était sans doute trompé d’ours de surcroît.
La surprise et le désarroi des chefs d’Etat et de gouvernement européens après le « Non » de Dublin avaient quelque chose de tragi-comique : Si « gouverner c’est prévoir », nous avions de quoi nous sentir bien peu gouvernés par ces professionnels de la politique, dont les caméras mettaient en scène la naïveté d’étudiants qui auraient fait l’impasse sur un sujet d’examen. Ils n’avaient donc envisagé qu’une hypothèse, celle qui les arrangeait et leur évitait de penser ! Ils sont pourtant élus et payés pour cela.
Le président français va donc devoir se coltiner d’innombrables pourparlers pour sortir de cette impasse institutionnelle : il vient de nous annoncer qu’il se rendrait en Irlande. La belle affaire ! C’est certes nécessaire, mais certainement pas suffisant. Le désamour dont les européens témoigne vis-à-vis de l’Union demande une ambition plus grande, une vision plus ample, des mots et des actes plus forts. Il ne faudrait surtout pas ne se concentrer que sur la "plomberie institutionnelle" (certes indispensable), mais d'abord de ce qui va circuler dans cette tuyauterie: au service de quelle vie, de quelle maison commune. Sinon, Sarkozy, loin d'être le maître de maison européenne qu'il se rêve, ne sera que "le petit plombier de l'Europe".
Je parlais du déficit culturel et symbolique de la dynamique européenne dans mon post du 22 juin. Il est à cet égard significatif qu'on ait enlevé du traité de Lisbonne quatre éléments symboliques de l'Union, dont les trois premiers devraient faire l'objet d'une appropriation quotidienne dès l'école.
- le drapeau européen,
- l'hymne européen
- la devise européenne
J'avais été frappé lors de mon dernier voyage à Budapest de l'omniprésence du drapeau européen sur les bâtiments officiels à côté du drapeau hongrois (et Dieu sait que le peuple Magyar est fier de sa langue, de son histoire, de sa nation !). Construire une fierté européenne, un sentiment d'appartenance commune, devrait être un objectif de la présidence française.
Le quatrième élément symbolique est également fortement politique : il s'agit de la Charte des Droits fondamentaux. Il faudra revenir sur cet élément clé, son importance. A elle seule, cette Charte pourrait faire l'objet d'un référendum réellement européen : non pas 27 référendums dans les 27 pays de l'Union. Mais un seul référendum, le même jour, avec la même organisation, avec une campagne portée par des partis européens, transnationaux.
Il s'agirait de comprendre que comme la Bourgogne est aujourd'hui une région de la France, ce qu'elle n'était pas pendant des siècles au Moyen Age, la France est devenue, devient, veut devenir une région de l'Europe.
Vincent Cabanel
08:24 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, politique, sarkozy
20.06.2008
Le "NON" irlandais : symptôme d'une crise grave
Le peuple irlandais, par 53 % des voix exprimées, a donc rejeté la ratification du traité de Lisbonne.
Ce traité est le fruit des efforts des gouvernements des 27 pays de l'Union pour relancer la machine de la construction européenne après l'échec de la ratification du traité dit "constitutionnel" en 2005, principalement (mais pas seulement) par la faute du peuple français qui avait alors répondu NON par référendum. L'Europe, trois ans après se retrouve donc dans la même impasse institutionnelle.
L'excellent Bernard Guetta, chroniqueur de France-Inter, analysait hier 19 juin sur cette radio la signification de ce NON irlandais. Pour lui il s'agit du symtôme important d'une crise grave, quelle que soit l'issue politique et juridique que les gouvernements trouveront vraisemblablement (lire la chronique du 19 juin)
"...quand bien même un « oui » de l’Irlande viendrait, l’année prochaine, annuler son « non », le malaise européen n’en serait pas moins grand."
Pour Bernard Guetta, et il le répéte à l'envie depuis longtemps : "le premier problème de l’Union est son manque de démocratie". Je souscris entièrement à son affirmation: un autre analyste relevait que depuis que le parment européen est élu au suffrage universel, on a assisté au phénomène paradoxal suivant : plus ses pouvoirs réels et son action efficace augmentaient, plus la participation populaire à l'élection des parlementaires européens s'affaiblissait. Parlement méconnu, voire inconnu, trop lointain des peuples européens, sans moyens de communication avec les ciyoyens qu'il a pour mission de représenter ! Quel drame et quelle absurdité démocratique.
B.Guetta relève un peu avant que ce vote irlandais : "...tient .... bien plus profondément, à cette fâcherie générale des Européens et de l’Europe, à ce malaise des citoyens devant un processus d’unification dont ils ne voient plus la finalité, ne maîtrisent pas le fonctionnement..." Ceci est vrai aussi du vote français de 2005, comme d'autres votes ou réactions populaires négatifs face à "Bruxelles".
Les hommes politiques de l'Europe entière ont une lourde responsabilité dans cet état de fait, dans cette "fâcherie" des Européens d'avec l'Europe : d'abord en se défaussant sur "Bruxelles" de ce qu'ils n'osent assumer devant leurs électeurs - souvent par électoralisme à courte vue - ensuite en ne faisant pas le travail d'explication, de pédagogie, de formation, ... sur les décisions qu'ils prennent et qui contribuent à la construction et à la législation européenne : paresse ? lâcheté ? ou aveuglement technocratique des détenteurs du pouvoir ?
Plus profondément encore. Si l'Europe souffre d'un "déficit démocratique", elle souffre d'un "déficit culturel". Les Européens ne se sentent pas européens. Ils ne se vivent pas, ne se perçoivent pas comme participants d'un destin commun, héritiers d'une histoire commune, liés les uns aux autres par des valeurs, un système de repères symboliques.
La variété linguistique est un facteur limitant très important. mais il n'est pas insurmontable. Dans le passé, les rois de France (et la Révolution, l'Empire, la IIIè République ne firent que parachever ce travail) ont su construire une unité française, nationale à partir de réalités de populations extrêmement diverses et d'une diversité linguistique encore vivace il n'y a guère (il suffit de penser au siècle de Louis XIV, très proche de nous en fait, et - encore plus proche - à la grande entreprise de l'instruction publique menée par la IIIè République et ses "hussards noirs").
Angela Merkel, Jean-Claude Juncker, Nicoals Sarkosy, Gordon Brown, Manuel Barroso... et les autres ont le devoir de trouver des solutions au problème institutionnel concret réactivé aujourd'hui par le NON irlandais. Mais ils se tromperaient lourdement s'ils oubliaient de s'atteler à un travail moins visible, plus urgent, plus radical : penser et mettre en oeuvre les moyens de faire croître une conscience culturelle européenne qui permette un jour à chaque habitant de l'Union de se penser dans une citoyenneté pluridimensionnelle : je suis français ET européen, je suis européen ET français. Et je suis l'un parce que je suis l'autre, indissolublement.
Vincent Cabanel
09:12 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, politique, irlande



