08.08.2009

Un 4 août rétrograde ?

ars2.jpgPour un français, le 4 août, c'est la nuit qui va avec et qui marque l'abolition des privilèges, la fin de l'Ancien Régime.

Pour un catholique "à la Jean-Paul II et Benoit XVI", le 4 août c'est la St Jean Marie Vianney, le curé d'Ars.

Benoit XVI a décrété que cette année serait "l'Année sacerdotale", une année de réflexions et de prières autour du thème du prêtre. A Rome, une grande célébration a mis en exergue la figure du curé d'Ars, et Benoit XVI, dans la foulée d'autres pontifes du XXe siècle souhaite le proclamer à nouveau "saint patron de tous les prêtres du monde".

Gouverner - en matière de religion comme en politique - se fait par la parole et les symboles. Et ce symbole là ne me plait pas du tout.

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16.09.2008

Laïcité positive : jeu de bonneteau à l'Elysée.

elysee_accueil_pape.jpgPalais de l'Elysée, vendredi 12 septembre 2008. Réception officielle du pape Benoît XVI par le président Sarkozy.
Les deux discours se suivent. Allons-nous en savoir davantage sur les suites de ce fameux discours du Latran (20 décembre 2007) ?
Oui et non.
Laïcité positive : l'expression a été reprise par Benoît XVI, une fois.  Nicolas Sarkozy ne s'est pas retenu : il a employé l'expression 4 fois.
Un lien explicite a été fait avec une autre expression dont les commentateurs ont peu parlé : "les racines chrétiennes de la France". Cette expression est problématique et je m'en expliquerai.


Si le discours de Benoît XVI a été celui d'un fin politique, celui du chanoinesque boute-feu du Latran aurait pu être prononcé par un évêque président de conférence épiscopale, par un mauvais professeur d'histoire ou par un étudiant bûchant laborieusement un devoir de philo. mais certainement pas par un président de la République Française.

On l'aura compris : je ne pense pas que le discours de Paris vienne rattraper un peu le discours de Latran. Nicolas Sarkozy  nous conduit dangereusement vers un communautarisme qu'il construit et alimente lui-même, tout seul, comme un grand, et vers la chimère d'une religion civile qu'il rêverait de faire surgir des ruines de la laïcité qu'il continue à détruire par sa pratique. Je suis convaincu que la société française résistera à cette entreprise sarkozyste de démolition. Je pense et j'espère de tout mon coeur que Sarkozy ira à l'échec.
Comme les racines... du problème sont complexes, j'ai consacré une note particulière pour chacun des deux discours. Bien que Benoît XVI ait parlé en second (question de protocole), il vaut mieux lire d'abord la note que je consacre à son discours avant celle sur celui de Sarkozy.

Pour conclure provisoirement sur cet épisode élyséen ...
Autant Benoît XVI sait quelle fonction est la sienne, ce qu'il dit et ce qu'il veut, autant Sarkozy mélange les genres, manie la dynamite et navigue sans boussole. A eux deux, ils nous ont joué une fort belle partie de bonneteau.  Nous saurons plus tard qui était le manipulateur, qui était le complice et qui étaient les dupes... Allez ! un bon point à Nicolas quand même : "il" a résisté à la tentation de consulter son mobile... on nous l'a changé, ce n'est plus SMS mais SNS (Saint Nicoals Sarkozy).

Vincent Cabanel

Sarkozy prêche devant le Pape à l'Elysée

(Discours de N.Sarkozy - Accueil du pape - Elysée - 12 sept 2008)


Sarko_accueil_pape_b.jpgAprès la subtilité et la finesse du discours pontifical, la lecture de l'intervention de Nicolas Sarkozy (qui a parlé le premier) procure un certain  repos intellectuel, mais surtout  l'agacement de voir un cancre persister dans des erreurs qui lui furent indiquées, parfois la franche hilarité et souvent l'effarement devant les énormités prodiguées.

Commençons :  qui parle  avec ces mots ?
"Ils sont le visage d’une Eglise de France diverse, moderne, qui veut mettre toute son énergie au service de sa foi."
Eh bien ce thuriféraire de l'Eglise de France n'est autre que le vingt-troisième président de la République Française.
Et de présenter au Pape l'auditoire qui est rassemblé dans la salle des fêtes de l'Elysée par catégorie d'opinions religieuses, alors que lui-même, Président d'une République laïque (article 1er dela Constitution)  n'a pas , ès qualités à en connaître. Il nomme ainsi successivement :

  • les catholiques
  • les représentants des autres religions et traditions philosophiques
  • beaucoup de français agnostiques ou non-croyants
voici les citations :
1./ "Je veux ... adresser aux catholiques de France tous mes voeux ..."
     "J’ai souhaité que soient présents dans cette salle un certain nombre d’entre eux..."
2./ "Sont également présents dans cette salle, et je les en remercie, les représentants des autres religions et traditions philosophiques,
3./ et beaucoup de Français agnostiques ou non croyants, eux aussi engagés pour le bien commun."

Edvige est déjà passée par là ? Comment se fait-il que le Président présente ainsi une assemblée de françaises et de français à un leader religieux ? Il n'est pas président de la Conférence des Evêques de France, que je sache ? Procéder ainsi, c'est créer soi-même le communautarisme. Pour mieux en dénoncer les dangers après ? Sarkozy n'a jamais été à une contradiction près, mais quand même...

A quatre reprises, Nicolas Sarkozy martèle l'expression "laïcité positive".

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Le discours de Benoît XVI à l'Elysée

(cf. texte du discours : source  : La Croix)

h-20-1263517-1221217421.pngA elle seule, l'expression "les racines chrétiennes de la France" fait problème. Elle peut s'entendre en deux sens. Le premier est acceptable : il s'agirait de dire : "Parmi les racines de la France, il y a des racines chrétiennes.".  Très bien, même si l'expression "racines chrétiennes" ressemble un peu à une expression-valise dans laquelle chacun va mettre ce qui l'arrange (j'y reviendrai dans une prochaine note). Le second sens est inacceptable : il consisterait à dire "ce qui fait l'essence de la France, son identité, ce sont ses racines chrétiennes." Cette seconde acception est-elle celle à laquelle pensait Nicolas Sarkozy le 20 décembre 2007 au Latran ? En tout cas, c'est bien cela qu'a compris Benoît XVI et c'est dans ce sens qu'il l'a réemploie. Après les phrases introductives d'usage, son propos commence précisément par cette phrase, qui sert de point d'appui au reste du discours :
"Lors de votre visite à Rome, Monsieur le Président, vous avez rappelé que les racines de la France - comme celles de l'Europe - sont chrétiennes."
(c'est moi qui souligne - n'oublions pas que ce sont les premiers mots du premier des onze discours de Benoît XVI en France).

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14.09.2008

Rachida, la Vierge et le Journaliste : de l'inculture religieuse en France et de ses méfaits

Très amusant commentaire du télégramme de Brest sur leur site (cf article)

"Depuis qu’il est chanoine de Saint-Jean de Latran, Nicolas est pris d’agitations apostoliques. Il voulait faire venir le pape au Mont-Saint-Michel où il avait démarré sa campagne présidentielle. Mais l’ascension aurait été trop fatigante pour l’octogénaire. L’idée fut donc retoquée. Bref, notre chef de l’État voulait se mettre en quatre pour l’homme en blanc. Il faut dire que depuis qu’il a rencontré Carla, Nicolas Sarkozy croit aux miracles. Il s’en passe des choses surnaturelles au gouvernement. Rachirachida_cabu.JPGda Dati tombe enceinte sans qu’on lui connaisse de fiancé. Serait-ce l’immaculée conception ? Bernard Tapie multiplie les millions comme les pains. Patrick Devedjian est sauvé des eaux après avoir failli faire couler l’UMP. Et sous l’impulsion de Sarko président de l’Union européenne, la Russie promet de se retirer de Géorgie telle la mer devant Moïse... Bref, 150 ans après les apparitions de la grotte de Lourdes, on peut dire que le miracle se poursuit. Mais à l’Élysée cette foi !"

Eh oui, qui est le père de l'enfant de Rachida Dati ? Cette question, dont je me fiche royalement, amène néanmoins la quasi totalité de la presse à ironiser sur la Garde des Sceaux, surnommée - jusque dans les couloirs de l'Elysée, selon la rumeur  - l'Immaculée Conception. Très amusant, d'autant que ça coincide avec ce pélerinage du pape à Lourdes pour le 150ème  anniversaiire des "apparitions de la Vierge" à Lourdes. La petite Bernadette Soubirous, après bien des pressions, a fini un jour par dire que "la Dame" (qu'elle nommait d'abord "Aquero", soit en occitan : cela) lui aurait dit  "Je suis l'Immaculée Conception" (1) . Le dogme de l'Immaculée Conception vient d'être proclamé 4 ans auparavant à Rome, ex cathedra, par le pape Pie IX, le 8 décembre 1854. Ce dogme est une des rares occasions où l'infaillibilité pontificale est engagée clairement. 

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14.07.2008

La Burqa est-elle soluble dans la République ?

Un récent arrêt du Conseil d'Etat confirme le refus d'accorder la nationalité française à une femme marocaine, vivant en France, mariée à un français et mère de 3 enfants nés en France. Le motif ? Défaut d'assimilation. Le symbole : le port de la burqa.

C'est une première, et un événement important.

J'ai reproduit dans le document PDF ci-accessible trois articles du journal Le Monde (12 juillet 2008) qui résume toute l'affaire, donne un avis dans un édito, et donne la parole à une juriste critique vis à vis de cette décision de la plus haute juridiction administrative qu'est le Conseil d'Etat.

Ce n'est pas le cas particulier qui en l'occurence alimente ma réflexion, mais plutôt ce qui continue à se développer dans les relations entre la République française et la, ou les, religion(s) dans notre pays.
Sans avis sur le cas particulier jugé, j'approuve les principes et le mode de raisonnement qui ont guidé le Conseil d'Etat (selon les informations dont je dispose).

Cette affaire nous rappelle d'abord qu'il serait illusoire de penser que la religion, la pratique religieuse (de quelque obédience qu'elle soit) ne serait qu'une question privée, sans rapport avec la chose publique. ....

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