04.03.2009

L'exercice solitaire du pouvoir : plaisir coupable ... et risqué !

Parmi les plaisirs solitaires, s'il en est un que je réprouve, c'est bien celui de l'exercice du pouvoir.
Il peut s'avérer de surcroît dangereux.
Benoit XVI et son chanoine honoraire le plus connu, le tsarko Nicolas Ier sont en train de l'apprendre douloureusement. Du moins, peut-on espérer qu'ils s'en rendent au moins compte.

Les 4 évêques lefebvristes "désexcommuniés"  le 21 janvier dernier (1) ont envoyé une lettre à Benoît XVI pour lui signifier clairement qu'ils n'ont aucune intention de reconnaître Vatican II. Cela revient à dire qu'ils ne veulent absolument pas du dialogue que le pape souhaitait permettre en levant la sanction des excommunications. Ils ne veulent bien revenir dans l'obéissance au pape et la pleine communion avec les évêques du monde entier que pour les remettre dans le droit chemin de la vraie foi, que selon eux bien sûr, l'église catholique a abandonné depuis Vatican II. Nihil novi sub sole comme aurait dit Qohélet s'il avait parlé latin (Rien de nouveau sous le soleil), me direz-vous, c'est ce que radotaient déjà Mgr Lefebvre, Ducaud-Bourget et consorts. Ce qui est assez drôle (en fait c'est tragique), c'est que les bonnes âmes qui assuraient que "si, si ! Certains sont fréquentables, on peut dialoguer avec eux, certains sont prêts à évoluer, les temps ont changé, il faut savoir nous rendre plus accueillants nous aussi...." vont devoir se rendre compte qu'ils se sont faits couillonner dans les largeurs (désolé pour la crudité de l'expression, mais c'est plus clair comme cela). Qui ont été les manipulateurs duplices ?

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09.02.2009

Mgr Williamson persiste et nie. Benoit XVI perd sur tous les tableaux.

Willimason_Spiegel.pngConformément à ce qu'on pouvait attendre quand on connait un peu la mentalité des extrémistes et des antisémites, Richard Williamson, l'évêque négationniste, un des quatre dont l'excommunication a été levée le 24 janvier, a réitéré ses propos négationistes dans une interview donnée à l'hebdomadaire allemand "Der Spiegel" ce dimanche 7 février 09.
Benoit XVI n'est pas antisémite, ni négationniste et ne l'a jamais été. Ma certitude est entière sur ce point. Le 28 mai 2006, il est le second pape, après Jean-Paul II à se rendre à Auschwitz.

Alors pourquoi le pape a t-il agi ainsi ?

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02.02.2009

Benoit XVI place un pion conservateur de plus

Benoît XVI en rajoute une louche. Il vient de nommer un prêtre très particulier au poste d’évêque auxiliaire de Linz en Autriche.
Mgr Wagner Linz Autriche.jpgLe frère Gerhard Maria Wagner, 54 ans, - c'est le promu - n’a pas fait dans la dentelle dans ses précédentes déclarations.
Pour l’amuse gueule, on peut citer ses avertissements véhéments contre Harry Potter, livre extrêmement dangereux, qui est bien évidemment d’inspiration satanique et rempli de dangers (pensez à toutes les formules magiques et rites d’envoûtements qu’il décrit !). Amusant.


Moins drôle est la joie que le frère Wagner avait montrée lorsque l’ouragan Katrina avait dévasté la Nouvelle Orléans, y laissant le cortège de misères que l’on sait, et frappant durement les populations les plus pauvres. Il avait alors écrit dans la lettre paroissiale de Windischgarsten que « la mort et la destruction causées par le cyclone dans la Nouvelle Orléans avait été la sanction divine pour la tolérance de la ville envers les homosexuels et la permissivité sexuelle qui y régnait. Il ajoutait être heureux que Katrina ait détruit dans la ville non seulement les night clubs et les bordels, mais aussi cinq des cliniques où des avortements étaient pratiqués. Il écrivait qu’il ne s’agissait pas d’une coïncidence » (source BBC)

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27.01.2009

L'autre schisme, sans excommunications

Le mouvement lefebvriste est sous les feux médiatiques depuis longtemps. "Le Monde" parle même à son propos du schisme le plus important depuis le XVIe siècle et les réformes protestantes. je ne suis pas sûr que Le Monde ait raison.

Car un autre schisme, silencieux, se produit depuis 40 ans. Le cardinal Roger Etchegarray en parlait  récemment : "Humanae Vitae, en 1968, a provoqué comme un schisme silencieux dans l'Eglise". Suite à cette encyclique qui désapprouvait l'usage de la contraception artificielle (pilule, préservatif, stérilet,...), beaucoup de fidèles sont partis peu à peu, déçus au tréfonds de l'âme par cette Eglise si peu évangélique dans son attitude. Ce schisme silencieux s'est fait comme une hémorragie continue, sans bruit, parce qu'il n'y eut pas de mouvement organisé. Les départs des laïcs et des prêtres furent affaires de conscience individuelle et personnelle, parfois francs dans un dialogue en tête à tête avec un évêque ou une communauté locale, le plus souvent mouvements de désaffection progressive, comme une séparation douloureuse et triste, qui n'arrive pas à se réaliser elle-même.

Qui dira les pertes immenses qu'a subie l'Eglise catholique ? En intelligences, en générosités militantes, en présences engagées dans la société,....

L'Eglise catholique se plaint aujourd'hui de son manque de ressources : ressources humaines en baisse, ressources financières en baisse. Mais elle a elle-même largement alimenté, depuis quarante ans, les conditons de ces baisses, de ces désamours.

Refus d'admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés, refus de l'usage de la pilule et de moyens contraceptifs modernes, attitude rigide sur l'IVG, refus aux homosexuels d'avoir une vie de couple, d'accéder à une visibilité sociale normale, refus d'ouvrir les minisitères essentiels (prêtrise, épiscopat) aux femmes et aux personnes non-célibataires, .... La liste continue de ces refus adressés aux personnes avec de surcroit une commisération condescendante de plus en plus insupportable.

A côté de cette première liste, il faudrait dresser celle des condamnations et interdictions de théologiens ou de clercs jugés "non-conformes" : Küng, Schillebeeckx, Drewermann, les théologiens de la libération ....et tant d'autres.

Il faudrait dire la mise au pas des conférences épiscopales, l'appui sur les mouvements les plus réactionnaires ou conservateurs (Opus dei, Légionnaires du Christ, etc.), l'engouement infantile pour les mouvements dits "du Renouveau charismatique",

Il faudrait dire ... quel gâchis !

Vincent Cabanel

 

N.B. Le cardinal Roger Etchegarray fut archevêque de Marseille. Il est en poste depuis longtemps à la Curie où il a souvent été chargé de missions internationales délicates.

25.01.2009

Benoit XVI confirme son virage réactionnaire

IMG_0261.jpgEn levant l’excommunication qui frappait les 4 évêques ordonnés par Mgr Marcel Lefebvre en 1988, le pape confirme que son pontificat conduit peureusement l’Eglise vers les citadelles retranchées d’un passé qui n’est plus. Trois articles du Monde et du Figaro expliquent les principales données de l’affaire : article Le Monde, article Figaro 1, article Figaro 2.

Photo ci-contre  : l'église St Nicolas du Chardonnet (Paris Ve) occupée illégalement par les lefebvristes depuis 1977

Moralité : dans l’église catholique selon Benoît XVI, il vaut mieux être fasciste que prendre la pilule ou être divorcé remarié.

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02.10.2008

Le Pape sermonne les évêques de France

couverture BXVI_Figaro.jpg
L'Eglise catholique va à un rythme lent. Les discours y sont rarement de circonstance. Il faut rappeler tout d'abord que le projet initial du voyage de Benoit XVI en France ne comportait pas d'étape à Paris, ni de rencontre avec le chef de l'Etat. Le pélerinage à Lourdes pour le 150ème anniversaire des "apparitions" et la rencontre avec l'ensemble des évêques français (ce qu'on appelle : la Conférence épiscopale) étaient l'objectif fondamental du pape. Les medias se sont focalisés sur la question de la laïcité et sur la réception à l'Elysée. Mais le discours pontifical prononcé à Lourdes, le 14 septembre 2008 devant l'assemblée des évêques de France,  est peut-être encore plus important dans l'esprit du pape. Il a été moins commenté. Et pourtant ....le Figaro n'a pas eu tort de titrer "les leçons du Pape aux évêques".

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16.09.2008

Laïcité positive : jeu de bonneteau à l'Elysée.

elysee_accueil_pape.jpgPalais de l'Elysée, vendredi 12 septembre 2008. Réception officielle du pape Benoît XVI par le président Sarkozy.
Les deux discours se suivent. Allons-nous en savoir davantage sur les suites de ce fameux discours du Latran (20 décembre 2007) ?
Oui et non.
Laïcité positive : l'expression a été reprise par Benoît XVI, une fois.  Nicolas Sarkozy ne s'est pas retenu : il a employé l'expression 4 fois.
Un lien explicite a été fait avec une autre expression dont les commentateurs ont peu parlé : "les racines chrétiennes de la France". Cette expression est problématique et je m'en expliquerai.


Si le discours de Benoît XVI a été celui d'un fin politique, celui du chanoinesque boute-feu du Latran aurait pu être prononcé par un évêque président de conférence épiscopale, par un mauvais professeur d'histoire ou par un étudiant bûchant laborieusement un devoir de philo. mais certainement pas par un président de la République Française.

On l'aura compris : je ne pense pas que le discours de Paris vienne rattraper un peu le discours de Latran. Nicolas Sarkozy  nous conduit dangereusement vers un communautarisme qu'il construit et alimente lui-même, tout seul, comme un grand, et vers la chimère d'une religion civile qu'il rêverait de faire surgir des ruines de la laïcité qu'il continue à détruire par sa pratique. Je suis convaincu que la société française résistera à cette entreprise sarkozyste de démolition. Je pense et j'espère de tout mon coeur que Sarkozy ira à l'échec.
Comme les racines... du problème sont complexes, j'ai consacré une note particulière pour chacun des deux discours. Bien que Benoît XVI ait parlé en second (question de protocole), il vaut mieux lire d'abord la note que je consacre à son discours avant celle sur celui de Sarkozy.

Pour conclure provisoirement sur cet épisode élyséen ...
Autant Benoît XVI sait quelle fonction est la sienne, ce qu'il dit et ce qu'il veut, autant Sarkozy mélange les genres, manie la dynamite et navigue sans boussole. A eux deux, ils nous ont joué une fort belle partie de bonneteau.  Nous saurons plus tard qui était le manipulateur, qui était le complice et qui étaient les dupes... Allez ! un bon point à Nicolas quand même : "il" a résisté à la tentation de consulter son mobile... on nous l'a changé, ce n'est plus SMS mais SNS (Saint Nicoals Sarkozy).

Vincent Cabanel

Sarkozy prêche devant le Pape à l'Elysée

(Discours de N.Sarkozy - Accueil du pape - Elysée - 12 sept 2008)


Sarko_accueil_pape_b.jpgAprès la subtilité et la finesse du discours pontifical, la lecture de l'intervention de Nicolas Sarkozy (qui a parlé le premier) procure un certain  repos intellectuel, mais surtout  l'agacement de voir un cancre persister dans des erreurs qui lui furent indiquées, parfois la franche hilarité et souvent l'effarement devant les énormités prodiguées.

Commençons :  qui parle  avec ces mots ?
"Ils sont le visage d’une Eglise de France diverse, moderne, qui veut mettre toute son énergie au service de sa foi."
Eh bien ce thuriféraire de l'Eglise de France n'est autre que le vingt-troisième président de la République Française.
Et de présenter au Pape l'auditoire qui est rassemblé dans la salle des fêtes de l'Elysée par catégorie d'opinions religieuses, alors que lui-même, Président d'une République laïque (article 1er dela Constitution)  n'a pas , ès qualités à en connaître. Il nomme ainsi successivement :

  • les catholiques
  • les représentants des autres religions et traditions philosophiques
  • beaucoup de français agnostiques ou non-croyants
voici les citations :
1./ "Je veux ... adresser aux catholiques de France tous mes voeux ..."
     "J’ai souhaité que soient présents dans cette salle un certain nombre d’entre eux..."
2./ "Sont également présents dans cette salle, et je les en remercie, les représentants des autres religions et traditions philosophiques,
3./ et beaucoup de Français agnostiques ou non croyants, eux aussi engagés pour le bien commun."

Edvige est déjà passée par là ? Comment se fait-il que le Président présente ainsi une assemblée de françaises et de français à un leader religieux ? Il n'est pas président de la Conférence des Evêques de France, que je sache ? Procéder ainsi, c'est créer soi-même le communautarisme. Pour mieux en dénoncer les dangers après ? Sarkozy n'a jamais été à une contradiction près, mais quand même...

A quatre reprises, Nicolas Sarkozy martèle l'expression "laïcité positive".

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Le discours de Benoît XVI à l'Elysée

(cf. texte du discours : source  : La Croix)

h-20-1263517-1221217421.pngA elle seule, l'expression "les racines chrétiennes de la France" fait problème. Elle peut s'entendre en deux sens. Le premier est acceptable : il s'agirait de dire : "Parmi les racines de la France, il y a des racines chrétiennes.".  Très bien, même si l'expression "racines chrétiennes" ressemble un peu à une expression-valise dans laquelle chacun va mettre ce qui l'arrange (j'y reviendrai dans une prochaine note). Le second sens est inacceptable : il consisterait à dire "ce qui fait l'essence de la France, son identité, ce sont ses racines chrétiennes." Cette seconde acception est-elle celle à laquelle pensait Nicolas Sarkozy le 20 décembre 2007 au Latran ? En tout cas, c'est bien cela qu'a compris Benoît XVI et c'est dans ce sens qu'il l'a réemploie. Après les phrases introductives d'usage, son propos commence précisément par cette phrase, qui sert de point d'appui au reste du discours :
"Lors de votre visite à Rome, Monsieur le Président, vous avez rappelé que les racines de la France - comme celles de l'Europe - sont chrétiennes."
(c'est moi qui souligne - n'oublions pas que ce sont les premiers mots du premier des onze discours de Benoît XVI en France).

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14.09.2008

Rachida, la Vierge et le Journaliste : de l'inculture religieuse en France et de ses méfaits

Très amusant commentaire du télégramme de Brest sur leur site (cf article)

"Depuis qu’il est chanoine de Saint-Jean de Latran, Nicolas est pris d’agitations apostoliques. Il voulait faire venir le pape au Mont-Saint-Michel où il avait démarré sa campagne présidentielle. Mais l’ascension aurait été trop fatigante pour l’octogénaire. L’idée fut donc retoquée. Bref, notre chef de l’État voulait se mettre en quatre pour l’homme en blanc. Il faut dire que depuis qu’il a rencontré Carla, Nicolas Sarkozy croit aux miracles. Il s’en passe des choses surnaturelles au gouvernement. Rachirachida_cabu.JPGda Dati tombe enceinte sans qu’on lui connaisse de fiancé. Serait-ce l’immaculée conception ? Bernard Tapie multiplie les millions comme les pains. Patrick Devedjian est sauvé des eaux après avoir failli faire couler l’UMP. Et sous l’impulsion de Sarko président de l’Union européenne, la Russie promet de se retirer de Géorgie telle la mer devant Moïse... Bref, 150 ans après les apparitions de la grotte de Lourdes, on peut dire que le miracle se poursuit. Mais à l’Élysée cette foi !"

Eh oui, qui est le père de l'enfant de Rachida Dati ? Cette question, dont je me fiche royalement, amène néanmoins la quasi totalité de la presse à ironiser sur la Garde des Sceaux, surnommée - jusque dans les couloirs de l'Elysée, selon la rumeur  - l'Immaculée Conception. Très amusant, d'autant que ça coincide avec ce pélerinage du pape à Lourdes pour le 150ème  anniversaiire des "apparitions de la Vierge" à Lourdes. La petite Bernadette Soubirous, après bien des pressions, a fini un jour par dire que "la Dame" (qu'elle nommait d'abord "Aquero", soit en occitan : cela) lui aurait dit  "Je suis l'Immaculée Conception" (1) . Le dogme de l'Immaculée Conception vient d'être proclamé 4 ans auparavant à Rome, ex cathedra, par le pape Pie IX, le 8 décembre 1854. Ce dogme est une des rares occasions où l'infaillibilité pontificale est engagée clairement. 

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