27.01.2009

L'autre schisme, sans excommunications

Le mouvement lefebvriste est sous les feux médiatiques depuis longtemps. "Le Monde" parle même à son propos du schisme le plus important depuis le XVIe siècle et les réformes protestantes. je ne suis pas sûr que Le Monde ait raison.

Car un autre schisme, silencieux, se produit depuis 40 ans. Le cardinal Roger Etchegarray en parlait  récemment : "Humanae Vitae, en 1968, a provoqué comme un schisme silencieux dans l'Eglise". Suite à cette encyclique qui désapprouvait l'usage de la contraception artificielle (pilule, préservatif, stérilet,...), beaucoup de fidèles sont partis peu à peu, déçus au tréfonds de l'âme par cette Eglise si peu évangélique dans son attitude. Ce schisme silencieux s'est fait comme une hémorragie continue, sans bruit, parce qu'il n'y eut pas de mouvement organisé. Les départs des laïcs et des prêtres furent affaires de conscience individuelle et personnelle, parfois francs dans un dialogue en tête à tête avec un évêque ou une communauté locale, le plus souvent mouvements de désaffection progressive, comme une séparation douloureuse et triste, qui n'arrive pas à se réaliser elle-même.

Qui dira les pertes immenses qu'a subie l'Eglise catholique ? En intelligences, en générosités militantes, en présences engagées dans la société,....

L'Eglise catholique se plaint aujourd'hui de son manque de ressources : ressources humaines en baisse, ressources financières en baisse. Mais elle a elle-même largement alimenté, depuis quarante ans, les conditons de ces baisses, de ces désamours.

Refus d'admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés, refus de l'usage de la pilule et de moyens contraceptifs modernes, attitude rigide sur l'IVG, refus aux homosexuels d'avoir une vie de couple, d'accéder à une visibilité sociale normale, refus d'ouvrir les minisitères essentiels (prêtrise, épiscopat) aux femmes et aux personnes non-célibataires, .... La liste continue de ces refus adressés aux personnes avec de surcroit une commisération condescendante de plus en plus insupportable.

A côté de cette première liste, il faudrait dresser celle des condamnations et interdictions de théologiens ou de clercs jugés "non-conformes" : Küng, Schillebeeckx, Drewermann, les théologiens de la libération ....et tant d'autres.

Il faudrait dire la mise au pas des conférences épiscopales, l'appui sur les mouvements les plus réactionnaires ou conservateurs (Opus dei, Légionnaires du Christ, etc.), l'engouement infantile pour les mouvements dits "du Renouveau charismatique",

Il faudrait dire ... quel gâchis !

Vincent Cabanel

 

N.B. Le cardinal Roger Etchegarray fut archevêque de Marseille. Il est en poste depuis longtemps à la Curie où il a souvent été chargé de missions internationales délicates.

25.01.2009

Benoit XVI confirme son virage réactionnaire

IMG_0261.jpgEn levant l’excommunication qui frappait les 4 évêques ordonnés par Mgr Marcel Lefebvre en 1988, le pape confirme que son pontificat conduit peureusement l’Eglise vers les citadelles retranchées d’un passé qui n’est plus. Trois articles du Monde et du Figaro expliquent les principales données de l’affaire : article Le Monde, article Figaro 1, article Figaro 2.

Photo ci-contre  : l'église St Nicolas du Chardonnet (Paris Ve) occupée illégalement par les lefebvristes depuis 1977

Moralité : dans l’église catholique selon Benoît XVI, il vaut mieux être fasciste que prendre la pilule ou être divorcé remarié.

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02.10.2008

Le Pape sermonne les évêques de France

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L'Eglise catholique va à un rythme lent. Les discours y sont rarement de circonstance. Il faut rappeler tout d'abord que le projet initial du voyage de Benoit XVI en France ne comportait pas d'étape à Paris, ni de rencontre avec le chef de l'Etat. Le pélerinage à Lourdes pour le 150ème anniversaire des "apparitions" et la rencontre avec l'ensemble des évêques français (ce qu'on appelle : la Conférence épiscopale) étaient l'objectif fondamental du pape. Les medias se sont focalisés sur la question de la laïcité et sur la réception à l'Elysée. Mais le discours pontifical prononcé à Lourdes, le 14 septembre 2008 devant l'assemblée des évêques de France,  est peut-être encore plus important dans l'esprit du pape. Il a été moins commenté. Et pourtant ....le Figaro n'a pas eu tort de titrer "les leçons du Pape aux évêques".

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12.09.2008

Le cours magistral de Benoit XVI aux Bernardins

foichretienne_hieretaujourdhui.JPGEn accueillant le pape au collège des Bernardins, le cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris, a rappelé un livre de Joseph Ratzinger, alors professeur de théologie à l'université de Tübingen, paru voici juste 40 ans en 1968. Ce livre "Einführung in das Christentum" (Introduction au christianisme, paru en français sous le titre : Foi chrétienne hier et aujourd'hui) fut le premier livre de théologie que je lus. J'avais déjà beaucoup lu la Bible, des articles d'exégètes et d'historiens. Mais le premier ouvrage vraiment théologique que je lus fut celui-là.

Encore aujourd'hui il s'avère une excellente présentation de la foi chrétienne.

Mais dans l'oeuvre de J.Ratzinger - devenu aujourd'hui Benoit XVI - ce livre se situe à une date charnière : 1968 est l'année des révoltes étudiantes en Occident. Et l'ancien conseiller du cardinal Frings au Concile Vatican II, qui passait alors pour un théologien ouvert à l'aggiornamento de l'Eglise, à l'ouverture, va se mettre à penser aux risques des bouleversements que le Concile a mis en branle ou "validés".

Et du coup, c'est le relativisme qui va devenir l'ennemi majeur du théologien Ratzinger. Théologien qu'il restera et qu'il reste.

Curieusement, Nicolas Sarkosy et Benoît XVI, pour des raisons diamétralement opposées se rejoignent dans l'exécration de mai 1968.

Ceci dit, je ne pense pas que Nicolas Sarkosy aurait compris grand chose au magistral cours de théologie que Benoit XVI vient de dispenser au quartier latin, remontant aux structures du monachisme occidental pour arriver aux conditions de viabilité de la culture, en passant par une longue réflexion sur la parole, l'interpréttion de la Bible, le travail de la raison et la fonction du lien. Superbe intervention de très haute volée, qui mérite lecture. ne serait-ce que pour éviter de réduire Benoit XVI à une caricature. La question qui se pose néanmoins toujours, au vu de la pratique du cardinal Ratzinger comme préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, de celle du cardinal Lustiger vis à vis des lieux théolgiques comme l'Institut Catholique de Paris, de celle de Jean-Paul II et de Benoit XVI qui ont "fermés" de manière autoritaire d'importants débats doctrinaux, la question donc, est celle des moyens que les hautes autorités catholiques mettront ou ne mettront pas en oeuvre pour permettre une respiration intellectuelle et théologique ouverte et dialogante, inspirée et libre, au sein de l'Eglise catholique.

Vincent Cabanel

 

11.09.2008

Souvenirs, souvenirs

Benoît XVI arrive à Paris demain.

La première visite de Jean-Paul II en France date du 30 mai 1980. A l'époque, c'était la première visite d'un pape à Paris depuis Pie VII, "invité" forcé de Napoléon Ier, au début du XIX° siècle (captif en fait !) ....

"Libé" (Libération) était à l'époque un journal plus caustique ainsi qu'en témoigne sa Une de l'époque. En bas, une pastille ronde invitait le lecteur en ces termes: "Sentez ici; le journal est en odeur de Sainteté : toutes ses pages sont parfumées à l'encens."

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Vincent Cabanel

Misère du clergé français

Le Vatican est inquiet sur l'état de l'Eglise catholique en France. Il y a de quoi.
Le nombre de prêtres présents en France est passé de 27 781 en 1996 à 20 523  en 2066. (1)
Soit en 10 ans une baisse de 25 % des effectifs totaux du clergé présent en France !
Ces chiffres incluent les diocésains et les religieux, ainsi que les prêtres étrangers présents en France (polonais, pays d'Afrique francophone, ....)
Ils n'incluent pas les prêtres en mission à l'étranger.

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En 1996, les effectifs étaient pourtant loin d'être satisfaisants : ......

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30.08.2008

Mgr Newman, gay malgré lui ?

Allons bon, en voici bien d’une autre !

Dans la série « les rapports compliqués entre églises et homosexualités », le militant britannique Peter Tatchell essaie un nouvel angle d’attaque, qui n’apporte pas forcément une grande clarté. Il accuse le Vatican de vouloir camoufler l’homosexualité du cardinal anglais John Henry Newman (1801-1890), dont le procès de béatification (premier stade avant la canonisation qui en ferait un « saint » officiel de l’Eglise catholique) est en cours. « Le Monde » du 29 août titre donc en pleine page : « Mgr Newman était-il gay ? Shocking ! ». Le Monde n’échappe pas tout à fait au sensationnalisme en écrivant dans son « accroche » de première page que la question « taraude » le Vatican. A mon avis, il en faut plus au Vatican pour être « taraudé ». Mais il faut bien vendre, n’est-ce pas ?

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