11.10.2008
Krach boursier ou crise de foi ?
La crise est donc partie du pays du dollar. Crise financière énorme, plus grave que celle de 1987, plus grave que celle de la "bulle Internet" en 2000. Aussi grave qu'en 1929 ? On nous le dit, tout en nous assurant que les conséquences n'en seront pas si graves, à cause et d'un contexte différent, et de réactions différentes des Etats. Espérons-le.
Cette crise est-elle seulement boursière ? financière ? Pas seulement, disent beaucoup, elle reflèterait peut être bien une crise de l'économie réelle. Elle révèle en tout cas, un des défauts de la cuirasse de notre monde globalisé. Je ne suis ni économiste, ni financier, et comme beaucoup sans doute j'ai du mal à saisir tous les mécanismes de cette crise. Trois choses sont de plus en plus claires pourtant :
- Cette dégringolade boursière qui ne s'arrête pas va avoir des conséquences lourdes sur l'économie réelle et pour plusieurs années, l'intervention nécessaire des états coutera de l'argent aux contribuables et citoyens que nous sommes, quand bien même nous risquerions peu de choses comme épargnants.
22:43 Publié dans Europe, Histoire, Politique, Religion, USA | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, crise financière, dollar, krach, bourse, économie, politique
16.09.2008
Laïcité positive : jeu de bonneteau à l'Elysée.
Palais de l'Elysée, vendredi 12 septembre 2008. Réception officielle du pape Benoît XVI par le président Sarkozy.
Les deux discours se suivent. Allons-nous en savoir davantage sur les suites de ce fameux discours du Latran (20 décembre 2007) ?
Oui et non.
Laïcité positive : l'expression a été reprise par Benoît XVI, une fois. Nicolas Sarkozy ne s'est pas retenu : il a employé l'expression 4 fois.
Un lien explicite a été fait avec une autre expression dont les commentateurs ont peu parlé : "les racines chrétiennes de la France". Cette expression est problématique et je m'en expliquerai.
Si le discours de Benoît XVI a été celui d'un fin politique, celui du chanoinesque boute-feu du Latran aurait pu être prononcé par un évêque président de conférence épiscopale, par un mauvais professeur d'histoire ou par un étudiant bûchant laborieusement un devoir de philo. mais certainement pas par un président de la République Française.
On l'aura compris : je ne pense pas que le discours de Paris vienne rattraper un peu le discours de Latran. Nicolas Sarkozy nous conduit dangereusement vers un communautarisme qu'il construit et alimente lui-même, tout seul, comme un grand, et vers la chimère d'une religion civile qu'il rêverait de faire surgir des ruines de la laïcité qu'il continue à détruire par sa pratique. Je suis convaincu que la société française résistera à cette entreprise sarkozyste de démolition. Je pense et j'espère de tout mon coeur que Sarkozy ira à l'échec.
Comme les racines... du problème sont complexes, j'ai consacré une note particulière pour chacun des deux discours. Bien que Benoît XVI ait parlé en second (question de protocole), il vaut mieux lire d'abord la note que je consacre à son discours avant celle sur celui de Sarkozy.
Pour conclure provisoirement sur cet épisode élyséen ...
Autant Benoît XVI sait quelle fonction est la sienne, ce qu'il dit et ce qu'il veut, autant Sarkozy mélange les genres, manie la dynamite et navigue sans boussole. A eux deux, ils nous ont joué une fort belle partie de bonneteau. Nous saurons plus tard qui était le manipulateur, qui était le complice et qui étaient les dupes... Allez ! un bon point à Nicolas quand même : "il" a résisté à la tentation de consulter son mobile... on nous l'a changé, ce n'est plus SMS mais SNS (Saint Nicoals Sarkozy).
Vincent Cabanel
11:58 Publié dans Europe, Laïcité, Politique, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, laïcité, benoît xvi, religion, catholicisme, pape, élysée
Sarkozy prêche devant le Pape à l'Elysée
(Discours de N.Sarkozy - Accueil du pape - Elysée - 12 sept 2008)
Après la subtilité et la finesse du discours pontifical, la lecture de l'intervention de Nicolas Sarkozy (qui a parlé le premier) procure un certain repos intellectuel, mais surtout l'agacement de voir un cancre persister dans des erreurs qui lui furent indiquées, parfois la franche hilarité et souvent l'effarement devant les énormités prodiguées.
Commençons : qui parle avec ces mots ?
"Ils sont le visage d’une Eglise de France diverse, moderne, qui veut mettre toute son énergie au service de sa foi."
Eh bien ce thuriféraire de l'Eglise de France n'est autre que le vingt-troisième président de la République Française.
Et de présenter au Pape l'auditoire qui est rassemblé dans la salle des fêtes de l'Elysée par catégorie d'opinions religieuses, alors que lui-même, Président d'une République laïque (article 1er dela Constitution) n'a pas , ès qualités à en connaître. Il nomme ainsi successivement :
- les catholiques
- les représentants des autres religions et traditions philosophiques
- beaucoup de français agnostiques ou non-croyants
1./ "Je veux ... adresser aux catholiques de France tous mes voeux ..."
"J’ai souhaité que soient présents dans cette salle un certain nombre d’entre eux..."
2./ "Sont également présents dans cette salle, et je les en remercie, les représentants des autres religions et traditions philosophiques,
3./ et beaucoup de Français agnostiques ou non croyants, eux aussi engagés pour le bien commun."
Edvige est déjà passée par là ? Comment se fait-il que le Président présente ainsi une assemblée de françaises et de français à un leader religieux ? Il n'est pas président de la Conférence des Evêques de France, que je sache ? Procéder ainsi, c'est créer soi-même le communautarisme. Pour mieux en dénoncer les dangers après ? Sarkozy n'a jamais été à une contradiction près, mais quand même...
A quatre reprises, Nicolas Sarkozy martèle l'expression "laïcité positive".
11:48 Publié dans Europe, Laïcité, Politique, Religion | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, laïcité, benoît xvi, religion, catholicisme, pape, élysée
Le discours de Benoît XVI à l'Elysée
(cf. texte du discours : source : La Croix)
A elle seule, l'expression "les racines chrétiennes de la France" fait problème. Elle peut s'entendre en deux sens. Le premier est acceptable : il s'agirait de dire : "Parmi les racines de la France, il y a des racines chrétiennes.". Très bien, même si l'expression "racines chrétiennes" ressemble un peu à une expression-valise dans laquelle chacun va mettre ce qui l'arrange (j'y reviendrai dans une prochaine note). Le second sens est inacceptable : il consisterait à dire "ce qui fait l'essence de la France, son identité, ce sont ses racines chrétiennes." Cette seconde acception est-elle celle à laquelle pensait Nicolas Sarkozy le 20 décembre 2007 au Latran ? En tout cas, c'est bien cela qu'a compris Benoît XVI et c'est dans ce sens qu'il l'a réemploie. Après les phrases introductives d'usage, son propos commence précisément par cette phrase, qui sert de point d'appui au reste du discours :
"Lors de votre visite à Rome, Monsieur le Président, vous avez rappelé que les racines de la France - comme celles de l'Europe - sont chrétiennes."
(c'est moi qui souligne - n'oublions pas que ce sont les premiers mots du premier des onze discours de Benoît XVI en France).
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12.09.2008
Le cours magistral de Benoit XVI aux Bernardins
En accueillant le pape au collège des Bernardins, le cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris, a rappelé un livre de Joseph Ratzinger, alors professeur de théologie à l'université de Tübingen, paru voici juste 40 ans en 1968. Ce livre "Einführung in das Christentum" (Introduction au christianisme, paru en français sous le titre : Foi chrétienne hier et aujourd'hui) fut le premier livre de théologie que je lus. J'avais déjà beaucoup lu la Bible, des articles d'exégètes et d'historiens. Mais le premier ouvrage vraiment théologique que je lus fut celui-là.
Encore aujourd'hui il s'avère une excellente présentation de la foi chrétienne.
Mais dans l'oeuvre de J.Ratzinger - devenu aujourd'hui Benoit XVI - ce livre se situe à une date charnière : 1968 est l'année des révoltes étudiantes en Occident. Et l'ancien conseiller du cardinal Frings au Concile Vatican II, qui passait alors pour un théologien ouvert à l'aggiornamento de l'Eglise, à l'ouverture, va se mettre à penser aux risques des bouleversements que le Concile a mis en branle ou "validés".
Et du coup, c'est le relativisme qui va devenir l'ennemi majeur du théologien Ratzinger. Théologien qu'il restera et qu'il reste.
Curieusement, Nicolas Sarkosy et Benoît XVI, pour des raisons diamétralement opposées se rejoignent dans l'exécration de mai 1968.
Ceci dit, je ne pense pas que Nicolas Sarkosy aurait compris grand chose au magistral cours de théologie que Benoit XVI vient de dispenser au quartier latin, remontant aux structures du monachisme occidental pour arriver aux conditions de viabilité de la culture, en passant par une longue réflexion sur la parole, l'interpréttion de la Bible, le travail de la raison et la fonction du lien. Superbe intervention de très haute volée, qui mérite lecture. ne serait-ce que pour éviter de réduire Benoit XVI à une caricature. La question qui se pose néanmoins toujours, au vu de la pratique du cardinal Ratzinger comme préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, de celle du cardinal Lustiger vis à vis des lieux théolgiques comme l'Institut Catholique de Paris, de celle de Jean-Paul II et de Benoit XVI qui ont "fermés" de manière autoritaire d'importants débats doctrinaux, la question donc, est celle des moyens que les hautes autorités catholiques mettront ou ne mettront pas en oeuvre pour permettre une respiration intellectuelle et théologique ouverte et dialogante, inspirée et libre, au sein de l'Eglise catholique.
Vincent Cabanel
19:01 Publié dans Europe, Histoire, Laïcité, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, benoit xvi, religion, église catholique
25.08.2008
Le péché originel du XX° siècle
On ne peut se contenter d’invoquer le désastre de la Seconde Guerre mondiale et du chaos dans laquelle elle laisse l'Europe pour comprendre le désir de paix et le désir d'Europe qui a animé alors des hommes comme Schuman, Monnet, Adenauer, Gasperi, Spaak et d'autres, et pour éclairer notre propre désir d’Europe.
"La Seconde Guerre mondiale n'est que la suite de la Première. On ne peut l'expliquer si l'on ne tient pas compte des rancoeurs et des instabilités générées par le précédent conflit. Malgré son impressionnante réussite économique et le prestige mondial de ses intellectuels, l'Allemagne de Guillaume II bouillonnait de mécontentement, particulièrement en raison de la disparité existant entre sa puissance industrielle et militaire et son statut politique. Alors que la Grande-Bretagne et la France étaient pleinement et incontestablement des empires, l'Allemagne n'en avait que le nom. Néanmoins, ses insatisfactions d'avant-guerre paraissent bien peu de chose au regard de celles nées après le traité de Versailles." (p. 514)
09:28 Publié dans Europe, Histoire, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, première guerre mondiale, guerre
22.08.2008
Caucase après Balkans : fractionnements nationalistes ?
Le Caucase, les Balkans : deux régions montagneuses qui n'ont pas fini de faire parler d'elles. Deux régions de montagne situées entre le 40° et le 45° parallèle (en gros) qui furent des terres d'invasions, de passage de troupes conquérantes, des terres balayées par les vagues d'occupations impériales depuis des siècles. Des marches de l'Europe ou des contrées de l'Europe ?
Aujourd'hui, c'est la Géorgie qui se rappelle à nous. La guerre en Tchétchénie, située dans le même Caucase n'en est pas terminée pour autant. Mais nous voilà à refeuilleter nos atlas et consulter nos encyclopédies pour trouver quelques repères nous permettant de comprendre ce qui se passe et se joue dans ces contrées lointaines qui n'étaient qu'un nom souvenir de nos années d'école, et à propos desquelles nous avons dû depuis la chute du bloc soviétique, de l'URSS (1991), du mur de Berlin (1989) et du pacte de Varsovie, apprendre une kyrielle de noms exotiques encore à nos oreilles: Azerbaidjan, Géorgie, Ossétie, Arménie, Abkhazie, Tchétchénie, Tbilissi, Grozny, Bakou, Erevan ... Mon grand-père maternel (qui "fit" les deux guerres mondiales du XX° siècle) connaissait mieux que moi ces noms, et savait quels bouillonnements recélaient ces contrées qui, dans les années 1960 encore étaient fermement tenues cloisonnées dans la cocotte-minute stalinienne. Ma génération avait oublié ce savoir-là....
10:36 Publié dans Europe, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, politique, caucase, balkans, géorgie
21.08.2008
Retour de vacances, reprise de ce blog
Voili, voilou, je suis revenu de près d'un mois de vacances. Désolé d'avoir laissé ce blog en déshérence pendant si longtemps, mais cela fait du bien de s'aérer la caboche.
ça ne m'a pas empêché de lire, de m'informer, ... au contraire. Même sur un VTT au fin fond de la Drôme, en montant des pistes interminables, les idées circulent et évoluent entre neurones et synapses (dans les montées, pas dans les descentes, parce que là... le cerveau est mobilisé par l'instinct primaire de préservation en conditions risquées...)
Et il s'en est passé des choses sur lesquelles il y a et il va y avoir à réfléchir: ....
11:07 Publié dans Europe, Laïcité, Livre, Monde Gay, Politique, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
18.07.2008
Sarkosy Diva ?
«Sarko
zy darf sich nicht als Diva aufführen»
"Sarkosy ne doit pas se comporter comme une Diva"
On sait que notre omniprésident énerve prodigieusement les autres pays. ou plutôt, on le sait pas assez, parce que même si des journaux, des revues s'en sont fait l'écho (Courrier International, par exemple, avait fait un très bon numéro sur le sujet), les français dans leur majorité sont très nombrilistes et trop peu curieux d'aller voir ailleurs ce qui se passe. (Pas tous, Dieu merci)
Ainsi cet extrait s'est du journal allemand en ligne (web journal) : netzeitung.de : texte original et traduction rapide :
Schon mehrfach sorgte der französische Staatschef durch Alleingänge für Diskussionen. Die Netzeitung sprach mit dem EU-Außenpolitiker Klaus Hänsch über Sarkozys Temperament, dessen Ziele und den Fall Irland.
Déjà, à plusieurs reprises, le chef de l'Etat français s'est démené pour certains débats au moyen de démarches solitaires. Le "NetZeitung" (Journal du Net) s'est entretenu avec Klaus Hänsch, parlementaire chargé d'affaires étrangères au sein de l'Union Européenne, (ancien président du parlement Européen 1994 à 1997, NdT), au sujet du tempérament de Sarkozy, de ses objectifs et du cas de l'Irlande.
Netzeitung: Herr Hänsch, Frankreich hat schon durch einige Alleingänge für Unruhe in der Europäischen Union gesorgt, etwa durch die Pläne für eine Mittelmeerunion oder in der Frage der Mehrwertsteuer auf Ölprodukte. Dürfen wir noch mehr davon erwarten?
NetZeitung : Monsieur Hänsch, La France s'est déjà a déjà choisi la voie de démarches solitaires au sein de l'Union Européenne, au prix d'un certain trouble, par exemple en ce qui concerne le projet d'une Union méditerranéenne ou la question de la TVA sur les produits pétroliers. Devons-nous nous attendre à d'autres affaires du même type ?
Klaus Hänsch: Frankreichs Staatspräsident Sarkozy verfügt ja über ein größeres Temperament. Insofern wird uns der eine oder andere Vorschlag des Landes noch beschäftigen. Klar ist aber auch: Sarkozy muss die französische Ratspräsidentschaft in den Dienst der Europäischen Union stellen und sich nicht als Diva aufführen.
Klaus Hänsch: Le Président de la République Française, Monsieur Sarkosy bénéficie effectivement d'un fort tempérament. Pour autant, nous devons encore examiner l'une ou l'autre des propositions de ce pays. Une chose est par contre claire: Sarkosy doit assumer la présidence française du Conseil (européen) au service de l'Union Européenne, et ne doit pas se comporter comme une Diva.
No comment more !
Vincent Cabanel
Source : http://www.netzeitung.de/politik/ausland/1072757.html (1er juillet)
09:17 Publié dans Europe, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, europe, sarkosy, allemagne, union européenne
22.06.2008
Nicolas, le petit plombier ...
La présidence française de l’Union européenne va débuter le 1er juillet 2008, dans une dizaine de jours.
Nicolas Sarkozy espérait pouvoir surfer sur la vaguelette triomphale (on a les triomphes qu’on peut) de la ratification du traité de Lisbonne, et capitaliser à son actif la résolution de l’impasse institutionnelle dans laquelle se trouve l’Union depuis 2005. C’était, croyait-il, un chantier de résolu, un dossier classé espérait-il. Ne l’avait-il pas annoncé lors du premier sommet européen qui suivit son élection et au cours duquel allemands et français avaient arraché le « mini-traité simplifié », notamment aux intraitables jumeaux polonais ? « Nous avons fait le travail. » s’était-il exclamé, par une expression très « américanisante » d’ailleurs ; « We did the job ! » Et bien non ! La peau de l’ours avait été vendue trop tôt, et on s’était sans doute trompé d’ours de surcroît.
La surprise et le désarroi des chefs d’Etat et de gouvernement européens après le « Non » de Dublin avaient quelque chose de tragi-comique : Si « gouverner c’est prévoir », nous avions de quoi nous sentir bien peu gouvernés par ces professionnels de la politique, dont les caméras mettaient en scène la naïveté d’étudiants qui auraient fait l’impasse sur un sujet d’examen. Ils n’avaient donc envisagé qu’une hypothèse, celle qui les arrangeait et leur évitait de penser ! Ils sont pourtant élus et payés pour cela.
Le président français va donc devoir se coltiner d’innombrables pourparlers pour sortir de cette impasse institutionnelle : il vient de nous annoncer qu’il se rendrait en Irlande. La belle affaire ! C’est certes nécessaire, mais certainement pas suffisant. Le désamour dont les européens témoigne vis-à-vis de l’Union demande une ambition plus grande, une vision plus ample, des mots et des actes plus forts. Il ne faudrait surtout pas ne se concentrer que sur la "plomberie institutionnelle" (certes indispensable), mais d'abord de ce qui va circuler dans cette tuyauterie: au service de quelle vie, de quelle maison commune. Sinon, Sarkozy, loin d'être le maître de maison européenne qu'il se rêve, ne sera que "le petit plombier de l'Europe".
Je parlais du déficit culturel et symbolique de la dynamique européenne dans mon post du 22 juin. Il est à cet égard significatif qu'on ait enlevé du traité de Lisbonne quatre éléments symboliques de l'Union, dont les trois premiers devraient faire l'objet d'une appropriation quotidienne dès l'école.
- le drapeau européen,
- l'hymne européen
- la devise européenne
J'avais été frappé lors de mon dernier voyage à Budapest de l'omniprésence du drapeau européen sur les bâtiments officiels à côté du drapeau hongrois (et Dieu sait que le peuple Magyar est fier de sa langue, de son histoire, de sa nation !). Construire une fierté européenne, un sentiment d'appartenance commune, devrait être un objectif de la présidence française.
Le quatrième élément symbolique est également fortement politique : il s'agit de la Charte des Droits fondamentaux. Il faudra revenir sur cet élément clé, son importance. A elle seule, cette Charte pourrait faire l'objet d'un référendum réellement européen : non pas 27 référendums dans les 27 pays de l'Union. Mais un seul référendum, le même jour, avec la même organisation, avec une campagne portée par des partis européens, transnationaux.
Il s'agirait de comprendre que comme la Bourgogne est aujourd'hui une région de la France, ce qu'elle n'était pas pendant des siècles au Moyen Age, la France est devenue, devient, veut devenir une région de l'Europe.
Vincent Cabanel
08:24 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, politique, sarkozy



